Après une "looongue" pause,
"l'entretien" revient sur ce blog, pour vous présenter
Suzanne Rippe et ses mosaïques.
Carolina León Firrell : Décrivez votre travail
Suzanne Rippe : Je suis mosaïste mais je travaille aussi le bois. Je mêle les deux, la sculpture et la mosaïque, le végétal et le minéral. Je creuse, je ponce, je taille, j’assemble…Je cherche les lignes de force de la matière.
CLF : Comment décririez-vous les personnes qui achètent vos créations?
SR : Il y a une relation finalement intime avec les personnes qui m’achètent une pièce, ils vont vivre avec une petite partie de moi-même quand même ! Les décrire c’est difficile !
CLF : Quel est le regard des gens sur vos créations ?
SR : Je crois que mon travail génère de l’émotion, une attirance physique, certains y décèlent même quelques forces symboliques.
C’est le langage de la matière, des couleurs, de lignes et de formes universelles qui nous touchent tous. Il est assez fréquent que des personnes me disent que c’est la première fois qu’elles font ce type d’acquisition et ça, ça me touche vraiment.
CLF : Vos sources d’inspiration ?
SR : La transformation de la matière. Le bois pétrifié, le bois devenu de la pierre, est un guide dans mon travail d’incrustations dans le bois. Mais aussi ce qui m’environne, une forme d’arbre, les couleurs d’un ciel gris, de la mer, des associations de couleurs mêlées, qui m’imprègnent. Mais c’est le cas pour la plupart d’entre nous, non?
CLF : Pouvez-vous décrire en un mot dans quel état vous êtes en faisant votre travail ?
SR : Je fusionne !
CLF : Pour démarrer une nouvelle création…il vous faut……
SR : L’esprit suffisamment libre, du temps… mais aussi un peu de pression (une expo ou un salon à venir par exemple). De l’énergie aussi, créer génère de l’énergie mais en prend énormément.
CLF : Votre outil favori ?
SR : Mes mains, ma tête !
CLF : Quelle étape de la réalisation préférez-vous ?
SR : Toutes je pense, même si certaines sont difficiles, c’est un tout ! Le parcours n’est pas lisse et tracé d’avance. Il y a les moments d’évidence, les moments physiquement douloureux, les moments de doute, les moments de plénitude…
Un bon moment, c’est de regarder le travail accompli, d’en être heureuse tout en buvant un bon thé !
CLF : Trois mots maximum pour décrire votre atelier
SR : Impossible, il y a trop de choses ! C’est dehors, c’est dedans ! C’est partout !
CLF : Exercer un métier d’art est formidable car…..
SR : On fait rêver les autres !
CLF : Mais l’inconvénient est……
SR : Ce n’est pas si facile ! Mais la difficulté est secrète.